Elna Venter, follement amoureuse.

NWU Gallery, Afrique du Sud, présente 'NEW CHAPTER: Relaiming Old Books'

Cette version numérique d'une exposition d'œuvres d'art a été motivée par les contraintes imposées à nous tous par la pandémie COVID-19 qui a irrévocablement changé la façon dont nous fonctionnons en tant qu'êtres humains. Au lieu d'accueillir une exposition d'œuvres d'art dans une galerie, les trois femmes artistes qui ont participé à cette exposition ont compilé une sélection d'œuvres, accompagnées de brèves déclarations d'artistes, pour une lecture sur le Web. Ironiquement, peut-être, la déclaration de l'exposition note que les livres physiques - bien plus que le matériel numérique - déclenchent des souvenirs visuels et tactiles. Les livres sont donc décrits comme des symboles de connaissance, de joie et d'expérience. C'est donc un exercice intéressant de faire avec dans un temps marqué par la restriction du mouvement, du toucher et des visites de galeries: amener le commentaire du livre lui-même en tant qu'artéfact précieux dans une exposition numérique.

Sans surprise peut-être, étant donné la période étrange dans laquelle nous vivons avec les restrictions de verrouillage qui nous obligent à nous isoler, les œuvres exposées partagent le thème de la réflexion artistique très personnelle, de la recherche de sens et des enjeux existentiels qui marquent la vie et l'œuvre de un artiste - notamment imprégné par la notion que le travail créatif est un moyen de travailler à travers des idées et de se concentrer sur les aspects processuels de la création artistique. L'isolement apporte avec lui l'opportunité de se replier sur soi et de prendre le temps de renouer avec le processus créatif, à la fois conceptuellement et pratiquement.

Elna Venter, follement amoureuse.Elna Venter, Fou amoureux (Krank van Liefde). Papier fait main, feuilles séchées, perles, couverture de livre en lin, bouton.

Les contributions d'Elna Venter comprennent une série d'œuvres à l'iconographie étrange articulée sur l'archétype mystique et primitif qui incitent le spectateur à faire des associations intuitives entre les éléments des œuvres. Certaines des œuvres contiennent des parties de livres sauvées des déchets où de nouvelles images sont palimpsestées et superposées dans de nouvelles compositions. Les résultats incluent des effets tridimensionnels qui ne sont malheureusement pas aussi visibles sur les reproductions numériques qu'ils devraient l'être, mais communiquent néanmoins une physicalité multicouche qui reflète de nombreuses dimensions du symbolisme: des juxtapositions ludiques entre des restes textuels de livres et des animaux exotiques mystérieux. , des moments médiévaux et des bribes de présences nostalgiques.

Marna de Wet, White Sleeve, 2020. Crayon et huile sur couverture de livre ancien, 26 x 18cm.Marna de Wet, Manche blanche, 2020. Crayon et huile sur couverture de livre ancien, 26 x 18cm.

Les œuvres de Marna de Wet explorent la présence et l'absence dans sa représentation de figures incomplètes qui rappellent les esquisses des maîtres, en particulier les célèbres images à moitié achevées de Toulouse-Lautrec. Encore une fois, le texte (pages de vieux livres récupérés) et l'image coexistent dans une poésie visuelle délicate dans laquelle aucune identité n'est réellement complète, et la beauté est considérée comme toujours déjà présente dans des éclairs apparemment banals de parties humaines. Le temps est suspendu dans les œuvres: il y a une tension entre l'évanescent, l'inachevé et la recherche de quelque chose de permanent qui peut être contemplé dans le temps. De Wet, comme Venter, utilise des techniques mixtes qui lui permettent d'intercaler les motifs décoratifs existants de morceaux de livres trouvés avec de délicats ajouts picturaux dans des non-entiers imaginatifs.

Jean Lampen, Temps dangereux. Vieux livre avec des aquarelles.Jean Lampen, Temps dangereux. Livre ancien, aquarelle, points de suture en résine.

Les œuvres à petite échelle de Jean Lampen démentent le plaisir qu'elle se moque de problèmes plus graves. Son choix de bribes de livres abandonnés qui sont découpés, les ouvertures laissées étant ornées de fenêtres en résine et peuplées de fragiles micro-bribes de récits (dont certains affichent des broderies) révèlent des préoccupations thématiques plus larges. Ces préoccupations peuvent être glanées dans les morceaux de texte visibles dans les œuvres - texte qui indique des dogmes fossilisés (souvent de nature théologique), tout comme la résine est utilisée pour «fossiliser». Dans les œuvres, ces précieuses vitrines et éléments textuels en résine sont absurdement dominés par des croquis obsédants de corbeaux qui semblent se moquer et menacer les vestiges de méta-narratifs ainsi minés dans les œuvres.

Le principe central de l'exposition est donc l'utilisation de livres ou de parties de livres comme objets trouvés ainsi que des couches d'éléments peints ou dessinés bien conçus pour créer un sentiment d'ancien et de nouveau, de recyclage et de repenser le trouvé pour émerger sous de nouvelles formes comme au cœur des œuvres d'art. Les techniques mixtes, comme le démontre cette exposition, permettent un jeu libre d'associations de matière, de sens, etc. et lient le «réel» au «façonné». Enfin, l'exposition s'interroge sur notre besoin de livres et sur la menace posée aux livres par notre culture du jetable. Être ému par ces œuvres qui ont toutes été inspirées en s'engageant dans des livres réels nous rappelle la préciosité du toucher et de la mémoire.

Lien vers le catalogue en ligne de l'exposition: https://www.flipsnack.com/nextchapterexhibition/reclaiming.html

Le Dr Louisemarié Combrink est chargé de cours à l'Université du Nord-Ouest.